Chiffrage carrosserie : comment ça se passe avec Audatex, Qapter, DAT et GT Motive
Le chiffrage carrosserie est le moment où un véhicule abîmé devient une liste précise de pièces, d’heures de main-d’œuvre et de peinture. C’est lui qui décide de ce que l’assureur paiera et de ce que l’atelier pourra facturer. Voici comment il se construit, qui le valide, et à quoi servent les outils que tout le métier utilise.
Chiffrage carrosserie : de quoi parle-t-on, et qui le fait ?
Un chiffrage carrosserie est l’estimation détaillée du coût d’une réparation : les pièces à remplacer, les opérations de tôlerie et de peinture, et le temps de main-d’œuvre nécessaire. Dans un dossier assuré, c’est le réparateur qui l’établit, et l’expert mandaté par l’assureur qui le valide ou le discute.
Le chiffrage n’est donc pas un simple devis. C’est un langage commun entre l’atelier, l’expert et l’assureur : chacun lit les mêmes références de pièces et les mêmes temps de réparation, issus des données des constructeurs. C’est ce qui permet de se mettre d’accord sur un montant sans repasser chaque ligne à la main.
Du dossier d’expertise à l’OR signé : les étapes du chiffrage
Tout commence quand le dossier d’expertise arrive à l’atelier. Selon la gravité des dégâts, l’expert choisit une expertise à distance (EAD), menée sur photos, pour les dommages légers, ou une expertise terrain, où il se déplace pour voir le véhicule, notamment quand des organes de sécurité sont touchés.
L’atelier établit ensuite le chiffrage et l’envoie à l’expert. Celui-ci le valide ou le négocie, et l’échange peut faire plusieurs allers-retours jusqu’à l’accord. Une fois le montant validé, l’atelier prépare l’ordre de réparation (OR), que le client signe : en carrosserie assurée, il n’accepte pas un prix, il autorise les travaux. Les pièces peuvent alors être commandées.
Si un dégât caché apparaît au démontage, le dossier ne repart pas de zéro : l’atelier ajoute un complément de travaux au chiffrage, et l’expert le valide à son tour.
Pièces, peinture, main-d’œuvre : ce que contient un chiffrage
Un chiffrage se lit en deux grands blocs. Le premier est la main-d’œuvre : chaque opération (dépose, réparation d’une aile, remplacement d’un pare-chocs, mise en peinture) est associée à un temps, multiplié par un taux horaire. En carrosserie, ces taux sont classés par niveau de difficulté, T1, T2 et T3, auxquels s’ajoute le taux de peinture.
Le second bloc regroupe les pièces et articles : références constructeur, quantités, prix et remises, auxquels s’ajoutent les ingrédients de peinture. Le total de ces deux blocs forme le montant que l’expert examine, puis que l’atelier facture à l’assureur, franchise du client déduite.
Audatex, Qapter, DAT, GT Motive, DIVA : à quoi sert chaque outil
Les outils de chiffrage sont des bases de données qui contiennent, véhicule par véhicule, les références de pièces, leurs prix et les temps de réparation. Ils évitent de chercher chaque information à la main et garantissent que l’atelier et l’expert parlent du même véhicule. Voici les principaux outils utilisés en France.
Audatex et Qapter appartiennent tous deux au groupe Solera, représenté en France par Sidexa. Ce ne sont pas deux concurrents : Solera fait progressivement converger ses outils sous la marque Qapter, qui propose aussi une première estimation des dommages à partir de photos, grâce à l’intelligence artificielle. Carform s’intègre avec Audatex et avec Qapter.
DAT est un éditeur allemand, arrivé en France en 2022 avec son outil weDAT. À son arrivée, il annonçait une base couvrant plus de 97 % du parc roulant de moins de 10 ans, selon J2R. Carform s’intègre avec DAT.
GT Motive est un éditeur espagnol, présent en France depuis 2008 avec GT Estimate, un outil de chiffrage pour la carrosserie comme pour la mécanique. Carform s’intègre avec GT Motive.
Enfin, DIVA est l’outil de chiffrage du Groupe Lacour, pensé pour les réparateurs et les carrossiers agréés. Carform s’intègre avec les solutions du Groupe Lacour, dont DIVA.
Dans la pratique, l’outil retenu dépend souvent des experts et des réseaux avec lesquels l’atelier travaille. Beaucoup d’ateliers en utilisent d’ailleurs plusieurs.
Gagner du temps sur le chiffrage sans le bâcler
Un chiffrage rapide n’est utile que s’il passe du premier coup chez l’expert. Le temps se gagne surtout avant et après la saisie, rarement pendant.
Avant, partez d’un dossier complet : photos de l’état des lieux prises à la réception, véhicule bien identifié, dommages décrits. Un chiffrage construit sur un dossier incomplet revient presque toujours avec des questions. Après, évitez de recopier le chiffrage ailleurs : chaque ressaisie dans le planning, la commande de pièces ou la facture est une occasion d’erreur et une perte de temps.
Enfin, anticipez les compléments de travaux. Les signaler dès qu’ils apparaissent, photos à l’appui, évite qu’un véhicule reste bloqué sur le pont en attendant une validation.
Relier le chiffrage au dossier atelier
Le chiffrage ne sert pas qu’à l’expert : il alimente toute la suite du dossier. Les heures de main-d’œuvre deviennent les missions des compagnons, les pièces deviennent des commandes, et les montants validés deviennent la facture.
C’est pour cela que Carform s’intègre avec les outils de chiffrage : le chiffrage est repris dans le dossier, avec sa main-d’œuvre et ses articles, sans être ressaisi. Il suit ensuite le dossier jusqu’à l’OR signé, au planning atelier et à la facturation. C’est le principe d’un logiciel carrosserie connecté, dont vous retrouvez toutes les connexions sur notre page intégrations.
FAQ – chiffrage carrosserie
Les questions que se posent les ateliers sur le chiffrage


